La CUMA du Marais : un modèle coopératif jeune, dynamique et en pleine expansion
Alors que le monde agricole peine à attirer la jeune génération, la CUMA du Marais à Saint-Bonnet-sur-Gironde fait figure d’exception.
Publié le 04 août 2025
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Comment les CUMA d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine sécurisent l'installation des jeunes agriculteurs face à l'explosion des coûts de mécanisation ?
Acheter seul son premier matériel agricole fragilise la trésorerie des nouveaux installés. Durant le mois CAP’CUMA en novembre, les Fédérations départementales et régionales de CUMA d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine mettent en lumière des solutions concrètes de terrain pour sécuriser les parcours d’installation.
La mécanisation absorbe à elle seule entre un quart et un tiers des charges de structure d’une exploitation agricole. C’est un poids conséquent. Acheter l’intégralité d’un parc matériel en solo dès le premier jour asphyxie la trésorerie. Dans un contexte de forte hausse du prix des équipements, s’endetter individuellement devient un risque majeur.
Porter cette charge tout seul n’est plus une fatalité. Rejoindre une Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) permet de réduire les coûts de mécanisation de près de 20 % en moyenne. Cette baisse directe des dépenses préserve la capacité d’emprunt des porteurs de projet. Aujourd’hui, un tiers des dossiers PCAE déposés par des nouveaux installés intègrent déjà cette démarche collective. Anticiper sa stratégie d’équipement au sein d’un groupe protège les exploitations agricoles dès leur création.



Nous avons mené l’enquête en Nouvelle-Aquitaine auprès de 99 personnes engagées au quotidien dans l’agriculture : des porteurs de projet, des agriculteurs installés et des salariés. Leur verdict est sans appel. La CUMA constitue un levier direct de réussite économique et humaine.
Sur le plan financier, la mutualisation réduit les coûts de démarrage. Des aménagements pragmatiques existent, comme l’étalement du paiement des parts sociales pour alléger la trésorerie initiale. Des outils de diagnostic comme MECAGEST permettent de chiffrer précisément ses charges avant de s’engager. L’accès à du matériel performant et régulièrement renouvelé se fait ainsi sans étouffer l’exploitation agricole .
Sur le plan humain, les bénéfices sont tout aussi puissants. Travailler en CUMA rompt l’isolement de l’agriculteur. Le groupe offre un réseau local pour échanger des conseils, partager des choix techniques et tester de nouvelles pratiques agroécologiques. S’y ajoute la possibilité de s’appuyer sur l’emploi partagé et des salariés en CUMA pour préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Dans sa thèse de sociologie, Cécile Gazeau démontre qu’une installation agricole réussie repose sur 9 dimensions distinctes.Pendant le parcours d’installation, plusieurs enjeux majeurs sont à traiter : l’accès au foncier, le financement, le développement des compétences et l’ancrage territorial.
De plus, le profil des candidats change rapidement. Les reconversions professionnelles se multiplient, les projets s’élaborent souvent hors cadre familial et l’attrait pour des modes de production agroécologiques s’affirme.
Face à ce paysage institutionnel morcelé, le modèle coopératif apporte une réponse globale. Historiquement fondées sur le partage d’outils, les CUMA constituent aujourd’hui un maillage territorial essentiel. Rien qu’en Nouvelle-Aquitaine, 1 600 CUMA font vivre cette solidarité locale. Elles agissent comme une passerelle et un lieu d’accueil pour intégrer rapidement les nouveaux arrivants dans les réseaux ruraux.

La théorie prend tout son sens quand le terrain parle. Dans les Landes, s’installer en maraîchage biologique représente souvent un défi complexe. L’accès au foncier bloque les envies d’installation, tandis que le coût des équipements de culture et de sous-serre freine les vocations, en particulier chez les profils non issus du milieu agricole.
Pour lever ces obstacles, le Conseil départemental des Landes et la Fédération des CUMA Béarn Landes Pays Basque ont créé la première CUMA Maraîchage adossée à un espace test agricole. Pendant trois ans, les candidats testent leur activité en grandeur réelle sur des parcelles aménagées. Ils utilisent du matériel mutualisé, des micro-tracteurs aux planteuses tout en apprenant à maîtriser leurs itinéraires techniques et leur gestion de groupe.
Le bilan parle de lui-même : 100 % de réussite. Les quatre candidats de la première promotion sont désormais tous installés durablement sur le territoire. En réduisant les risques financiers et en apportant un accompagnement humain régulier, le collectif a transformé un parcours à risques en succès pérenne. De nouvelles opportunités s’ouvrent aujourd’hui à Mimizan, Magescq et Morcenx-la-Nouvelle pour accueillir les promotions futures.
S’installer à plusieurs n’est pas un repli ou une concession. C’est un choix stratégique d’interdépendance , de solidité et de sérénité. En mutualisant les équipements et en favorisant l’entraide, les CUMA permettent de bâtir des exploitations viables, transmissibles et ancrées dans leur milieu.
Les Fédérations Régionales CUMA d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine déploient l’opération CAP’CUMA pour démontrer l’importance du collectif dans le parcours d’installation auprès des porteurs de projet et des cédants pour pérenniser l’avenir de notre agriculture. Partager du matériel, c’est préserver sa trésorerie, sécuriser ses décisions et construire une agriculture durable sur nos territoires.
Alors que le monde agricole peine à attirer la jeune génération, la CUMA du Marais à Saint-Bonnet-sur-Gironde fait figure d’exception.
Publié le 04 août 2025